Bouddhiste ou disciple de Christ ?

Bouddhiste ou disciple de Christ ?
Témoignage de Tran Thuyen qui, élevé dans un pays bouddhiste, s’est converti à Jésus-Christ.

 
 
 

bigquote Je suis vietnamien, né dans un pays de civilisation confuciano-bouddhiste, et d’une famille qui, comme la plupart des familles du Vietnam, ne connait pratiquement pas d’autre religion que le culte des ancêtres, si l’on peut appeler « religion » cette célébration du jour de la mort des aïeux. Mon père était un confucianiste aux idées libérales et ma mère vaguement bouddhiste, autant dire sans religion…

 

 

Personnellement, je n’avais aucune croyance religieuse et je ne m’en cachais pas. En fait, j’étais contre toutes les religions. Elles n’étaient bonnes à mon avis que pour les paysannes illettrées et ignorantes. Et il en existait une que je détestais encore plus que toutes les autres : c’était le christianisme qui à mes yeux, était l’allié efficace et le complice sans pudeur du colonialisme.

Après la deuxième guerre mondiale, je vins en Europe. Mes contacts avec l’Occident abolissaient peu à peu en moi les préjugés que j’avais toujours nourris contre les Blancs, considérés comme appartenant à la race haïe des colonialistes. Je cessai également d’être anti-chrétien et devins tolérant du point de vue religieux. Cela m’amusait seulement de constater que tant d’Européens n’étaient pas moins superstitieux que les bonnes femmes de mon pays… Une seule différence : tandis que mes compagnons brûlaient des papiers votifs devant un Bouddha de bois laqué, les gens ici faisaient brûler des cierges et embrassaient des statues de marbre ou de bronze…

Fin 1954, je tombai malade et dus passer les deux années qui suivirent dans un sanatorium en Haute-Savoie. Deux années vécues dans le calme d’un sana – obligé de rester allongé à longueur de journée –  offrent largement le temps nécessaire à la réflexion et à la méditation. Les vieilles questions classiques sur lesquelles les hommes s’interrogent depuis la création du monde : « D’où venons-nous ? Que faisons-nous ici-bas ? Où allons-nous ? » commencèrent à assaillir mon esprit. Tant que ces questions resteraient sans réponse, ma vie, je le savais, serait une énigme et je ne pourrais trouver la paix.

 

 

Je commençai à m’interroger sur l’existence d’un Dieu, ou plus exactement, ma raison, poussée par je ne sais quelle intuition, pressentit qu’elle se trouvait placée en face de la plus grave alternative : admettre soit l’existence de Dieu, soit l’absurdité complète…

Je progressais alors dans la voie de la reconnaissance de l’existence de Dieu mais… mon Dieu était encore « le Dieu des philosophes et des savants » suivant les termes employés par Pascal, en l’opposant au « Dieu de Jésus-Christ ». En fait, j’écartais délibérément le christianisme, l’idée ne m’étant pas venue une seule fois à l’esprit qu’il pourrait me fournir la réponse dont j’avais besoin.

Tandis que j’étais plongé dans cet état de confusion spirituelle, un jour, un évangéliste vint me rendre visite… L’éducation m’empêcha de l’éconduire. Nous nous lançâmes dans une longue discussion sur le christianisme. Quand enfin, à mon grand soulagement, il prit congé de moi, il me fit cadeau d’un Nouveau Testament. Par politesse, je l’acceptai bien que n’ayant nulle intention de le lire… Je conservais toujours beaucoup de méfiance à l’égard du christianisme. J’avais déjà eu l’occasion de me trouver en présence d’une Bible, mais jamais je n’avais éprouvé l’envie ni la curiosité d’y toucher…

Cependant, depuis que le petit livre se trouvait dans ma chambre, immanquablement, chaque fois que j’ouvrais mon tiroir, il attirait mon regard et me tombait sous la main. Mon aversion naturelle disparut peu à peu, et je pris l’habitude de l’ouvrir et d’y jeter au hasard un coup d’œil superficiel. Puis l’idée me vint d’en faire l’étude, par simple curiosité intellectuelle… La littérature et la civilisation françaises m’attiraient beaucoup, et ma culture laisserait fort à désirer si je ne connaissais pas la Bible, livre de base par excellence du monde occidental.

 

 

Je fis un grand effort et commençai sérieusement l’étude du Nouveau testament. Une chose étrange se produisit : je pris de plus en plus plaisir à la lecture du petit livre, et plus je lisais, plus j’avais envie de continuer…

Je ne comprenais pas tout ce qui était écrit dans la Bible (aujourd’hui encore je ne le peux pas). L’homme naturel est aveugle, il ne peut voir les choses de l’Esprit, à cause de sa nature charnelle.« L’homme doit être transformé par le renouvellement de son esprit » dit l’apôtre Paul (Romains 12:2).

Naturellement, le premier pas à faire est d’accepter Dieu, de reconnaître son existence car « Il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe et qu’Il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent » (Hébreux 11:6). Ensuite seulement, Dieu permet à ceux qui l’aiment de partager sa Sagesse et de connaître ses secrets. L’homme naturel, quels que soient ses talents, sa moralité, son éducation, son intelligence ou sa culture, est incapable de connaître la Vérité spirituelle. « Les choses de l’Esprit sont folie pour lui » (1 Cor. 1:18). L’apôtre Paul n’a pas hésité à qualifier le fait incroyable et si choquant pour le bon sens et la raison humaine que Dieu s’est fait homme et qu’Il est mort d’une façon ignominieuse sur la croix pour sauver les hommes… mais « Celui qui a reçu l’onction de l’Esprit Saint n’a besoin d’être instruit par personne pour connaître toutes choses au sujet de la Vérité » (1 Jean 2:20,27).

 

 

Toutes les religions sont-elles bonnes ? Je ne tardai pas à constater que la Bible contenait un message foncièrement différent de l’enseignement qui m’était familier… Confucius et Bouddha croyaient que l’homme est capable de se sauver lui-même…Comme Jean-Jacques Rousseau bien après lui, Confucius pensait que l’homme était fondamentalement bon et qu’il avait été rendu mauvais par la société. Dans l’enseignement de Bouddha, toute idée de Dieu est laissée de côté, il n’y a rien de plus élevé que l’homme qui doit faire tous ses efforts pour échapper à sa propre misère.

Ainsi, les doctrines confucianiste et bouddhiste ignorent la corruptibilité et la fragilité de la nature humaine. Elles n’ont pas la notion du péché, de la lutte douloureuse et sans issue de la chair contre l’esprit dont parle Paul (Rom. 7:14-24). Toutes les religions érigent des règles, des interdits, imposent des observances, puis laissent l’homme se débattre seul dans son état de péché, avec sa nature mauvaise : « Tous sont égarés, tous sont pervertis; il n’en est aucun qui fasse le bien » (Psaume 14:3).

Jésus-Christ a dit : « C’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies… » (Matthieu 15:19). Le cœur de l’homme : voilà le nœud du problème. Il faut d’abord le changer…

 

 

Alors que ces comparaisons s’élaboraient dans mon esprit, Jésus de Nazareth m’apparut comme la personne la plus extraordinaire, la plus fascinante ayant jamais fait l’objet de mes lectures et de mes méditations. Aucun autre homme, aucun leader religieux n’avait jamais dit ce qu’Il dit, enseigné ce qu’Il enseigne, fait les œuvres qu’Il fait, et encore moins, était « venu pour chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19:10). Sauver de quelle façon ? En acceptant d’être cloué sur une croix et d’y mourir en priant pour ses bourreaux.

« Car Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils Unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:16). C’est donc Dieu Lui-même qui veut sauver l’humanité. Lui seul en effet peut le faire, l’homme étant impuissant à sortir par ses propres efforts de son état de  misère… Le Dieu que la Bible nous révèle n’est donc pas une divinité lointaine, froide et inaccessible, indifférente au sort de ses créatures. Il est un Dieu d’amour !

Je commençais alors à comprendre que l’approche de Dieu ne pouvait être qu’un acte d’amour incommensurable, que le Tout Puissant Lui-même était venu sur la terre en la personne de Jésus-Christ, et qu’Il avait pris volontairement sur Lui « le châtiment qui nous donne la paix » (Esaïe 53:5), châtiment mérité par l’homme pécheur en face d’un Dieu Saint et Juste « qui ne tient pas le coupable pour innocent » (Exode 34:7).

Mais ce n’était pas encore la foi, la vraie foi, qui est un acte venant du cœur et non de la tête. Adhérer aux vérités de l’Évangile peut être une croyance intellectuelle plutôt qu’une foi véritable… Avoir la foi, c’est avoir confiance, confiance totale et absolue en Dieu qui est Amour… Je pris la décision d’accepter Dieu comme une réalité de tous les jours, me soumettant complètement à Lui… J’entrepris de relire quotidiennement la Bible phrase par phrase, avec recueillement, m’efforçant à tout moment d’entendre la voix de Dieu…Elle dénonçait mon état de péché, de condamnation devant Dieu,  mon besoin de repentance, de pardon, de salut, par le moyen de la foi dans le Christ Jésus… J’étais enfin en contact avec cette Parole faite chair, j’étais entré en relation avec le Christ Lui-même. Et la lumière se fit dans mon âme.

 

 

J’acceptai le Seigneur Jésus comme mon Sauveur personnel.

Le salut est un don gratuit de Dieu; il ne peut être ni gagné, ni acheté, ni payé de quelque manière que ce soit, il ne peut être obtenu ni par des œuvres, ni par des prières, ou des sacrements, ni par le jeûne ou par la pratique de l’ascétisme… Il est à la portée de tous et ne nécessite qu’une démarche : croire que Jésus-Christ sur la croix a payé le prix de notre rançon.

Je constatai bientôt dans tout mon être que l’expérience que la Bible appelle « nouvelle naissance » n’est pas un rêve ou un jeu de l’imagination : « Celui qui est en Christ est une nouvelle créature, les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles » (2 Cor. 5:17). Ce long travail qui doit se poursuivre chaque jour, avec le secours et dans la communion de Jésus-Christ, c’est la sanctification : « Sans elle, personne ne verra le Seigneur » (Héb. 12:14).

Le dimanche 10 mars 1957, je m’identifiai à notre Seigneur Jésus-Christ dans les eaux du baptême… Dans cet état d’homme né à nouveau, je recherchais la compagnie d’autres chrétiens, et le dimanche nous nous réunissions pour adorer Dieu. C’est au cours de l’un de ces services que je vécus une merveilleuse expérience. J’avais, à cette époque, déjà quitté le sanatorium et vivais à Sallanches. La Mission Évangélique avait un centre de réunion et j’avais l’habitude de m’y rendre régulièrement.

 

 

Ce culte évangélique très simple, mais plein de dignité et propre à l’inspiration, m’émouvait toujours profondément, car il formait un heureux contraste avec ce que j’avais connu dans quelques pagodes, temples, ou églises. Il n’avait pas lieu dans un sanctuaire où tout est prémédité pour provoquer une atmosphère spéciale… Pas de moines ou de prêtres somptueusement vêtus, pas de sanctuaire où l’on brûle de l’encens, pas d’images, pas de tableaux ou de merveilleuses statues de divinités secondaires, pas de musique extasiante ou de cierges allumés… Non, rien de tout ce falbala fait pour créer l’émotion psychique et satisfaire les sens, pas de fausse mise en scène pour dresser un écran entre vous et Dieu et détourner de Lui votre attention…

Dieu est Esprit. Il n’a pas besoin d’un palais, si beau soit-il pour y vivre, et nous qui l’adorons devons le faire en esprit et en vérité. Le culte doit être un acte qui nous engage entièrement, et non un spectacle auquel nous assistons…

Un dimanche matin, tandis que je priais, je ressentis une grande paix intérieure, et une sorte de joie que jamais auparavant je n’avais éprouvées. J’acquis la certitude que j’étais sauvé, que mes péchés étaient pardonnés… que rien ne pourrait me séparer de l’amour de Dieu, et que j’avais la vie éternelle !

Quelle chose réconfortante ! Le but des bouddhistes est de ne plus avoir de vie, l’opposé de ce que je vivais, car « celui qui a le Fils de Dieu a la vie ! » (1 Jean 5:12). Pour le chrétien, la mort n’est pas une fin, mais le début d’une nouvelle et glorieuse vie dans la présence du Seigneur.

Cette certitude d’être sauvé, ce sentiment de paix et de joie débordante dans mon cœur amenèrent des larmes de bonheur dans mes yeux, ce mémorable dimanche matin.  Depuis ce jour, je n’ai plus éprouvé de doute au sujet de mon salut. Je m’efforce seulement, à l’aube de cette nouvelle vie, de marcher par sa grâce en restant digne de ce Nom dans lequel j’ai été baptisé, priant chaque jour le Seigneur de m’aider à ne pas retomber dans le péché.

Les années passèrent, et je m’apercevais de plus en plus que Jésus-Christ voulait être non seulement mon Sauveur mais aussi mon Maître… En effet, si Christ est notre Sauveur, nous sommes devenus le temple de Dieu. Et ce temple doit être rempli tout entier et exclusivement de sa présence, rien ne doit rester réservé pour notre moi, nos trafics secrets. Dieu, notre Dieu est un Dieu jaloux qui ne désire pas la cohabitation avec qui que ce soit dans son temple.

Que le Seigneur soit béni d’avoir accordé sa grâce à quelqu’un d’aussi indigne que moi ! bigquote2

 
(Témoignage de Tran Thuyen)


0 Lire et Commenter

Commenter

error: Contenu protégé !