Conversion de William Booth

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Récit de la conversion et de l’appel du très jeune William Booth, le futur fondateur de l’Armée du Salut.

 
 

W. Booth naquit le 10 avril 1829 à Nottingham en Angleterre. A l’âge de treize ans, en septembre 1842, il perdit son père et travailla pour entretenir sa mère. Son père, dont la préoccupation dominante avait été d’acquérir des richesses, sentit, à ses derniers moments, la vanité de son existence et tourna ses regards ves Dieu. Cette scène impressionna profondément le jeune homme et l’amena à s’intéresser davantage aux questions religieuses. Devenu soutien de sa mère, il dut renoncer à ses études pour entrer en apprentissage chez un prêteur sur gages. Les misérables habitations ouvrières qui se tassaient dans son quartier et ses six années d’apprentissage le mirent en contact avec les malheureux. Cette révélation de la pauvreté préparait déjà le fondateur de l’Armée du Salut à sa tâche future.

 

A l’âge de 15 ans, William, ému par les appels d’un pasteur méthodiste, se convertit et se rattache à l’Eglise wesléyenne. Mais il est encore indécis quant à la voie à suivre. Il est tiraillé par des aspirations opposées : désireux de soutenir sa mère, il envisage de gagner de l’argent dans les affaires; préoccupé par la situation malheureuse de la classe ouvrière il rêve de réformes politiques et sociales. Mais il pressent qu’il devrait obéir à Dieu et le servir… Cependant il ne connaît pas encore la paix et la joie chrétiennes, et c’est à ce moment-là de sa vie qu’il fit une expérience déterminante qu’il explique ainsi : « La lumière intérieure me révéla que non seulement je devais renoncer à tout péché, mais encore qu’il me fallait, dans la mesure du possible, réparer les torts faits à autrui avant de goûter la paix de Dieu. »

 
 

Pour jouir de cette paix intérieure il lui fallut réparer un tort qu’il avait causé à des amis. Sitôt après la réparation, déclara t-il plus tard, son coeur fut soulagé du lourd fardau qui l’écrasait, la paix pénétra en son âme, et il se consacra dès cette heure au service de Dieu et de ses concitoyens. « Depuis cette nuit, car il était presque 11 heures du soir quand cette heureuse transformation s’accomplit, le but de ma vie fut non seulement de travailler à ma sanctification mais de pratiquer l’amour actif, l’action bonne aux service de Dieu et des hommes. J’ai toujours senti depuis que la véritable religion personnelle consiste non seulement dans la sainteté mais dans la collaboration, avec mon Seigneur crucifié, à son oeuvre du salut des hommes et des femmes, les enrôlant comme soldats dans les milices, et les gardant fidèles jusqu’à la mort, pour leur ouvrir le ciel. »

William Booth est un homme nouveau. Désormais, tout en continuant à accomplir sa tâche dans le bureau de son patron, sous l’influence du prédicateur Charles Wesley, il consacre tout son temps libre à évangéliser. Il collabore avec une oeuvre missionnaire qui venait de se fonder dans le plus misérable quartier de la ville. Il se rend dans les ruelles les plus pauvres, Bible en mains, et il proclame le message du salut. Mais vint le jour où l’appel à un service complet le contraignit à abandonner sa profession : « Comment peut-on, avec la moindre clairvoyance spirituelle, déclarer : je n’ai point la vocation… tandis que des multitudes autour de nous n’ont jamais entendu parler de Dieu et ne sauront jamais rien de Lui si des prédicateurs ne se lèvent pour leur apporter le message de la bonne nouvelle ? Qui peut rester l’âme sereine avec cette vision sous les yeux, attendant calmement de recevoir la vocation de prédicateur ? Attendrait-il une vocation spéciale pour arracher quelqu’un des flammes de l’incendie, ou sauver un enfant qui se noie… ? »

C’est à cette époque de sa vie, alors qu’il partageait encore son temps entre le bureau et la prédication, qu’il écrivit l’acte de consécration du 6 décembre 1849 que nous citons ici bien qu’il soit très connu :

 
 

« Je promets, avec l’aide de Dieu :

1° je me lèverai chaque matin assez tôt (au moins à sept heures moins vingt) pour faire ma toilette et consacrer quelques minutes, cinq au minimum, à la prière

2° J’éviterai le plus possible les conversations oiseuses et le bavardage auxquels je me suis coupablement abandonné ces derniers temps.

3° je m’efforcerai, par ma conduite et mon maintien davant le monde, et particulèrement devant mes compagnons de travail, de vivre comme un humble, doux et fervent disciple de l’Agneau. Par mes conseils et mes conversations sérieuses, je tâcherai de les amener à penser à leur âme et à leur sort éternel.

4° je lirai au moins 4 chapitres de la Bible quotidiennement.

5°Je travaillerai à resserrer ma communion avec Dieu; je rechercherai la sainteté et m’abandonnerai, pour tous les événements de ma vie, à la Providence divine.

6° Je lirai ces résolutions chaque jour ou, pour le moins deux fois par semaine.

Que Dieu m’aide à cultiver en moi l’esprit d’abnégation et à prendre, esclave volontaire, le joug du Rédempteur du monde. Amen, Amen. W Booth.

Je sens profondément ma faiblesse : sans le secours divin, je ne saurais être fidèle un seul jour à ces engagements. Seigneur aie pitié de mon âme coupable. Je me place au bénéfice du sacrifice expiatoire, oui, oh ! oui, Jésus est mort pour moi. »

 
 

Extraits de lettres du Général Booth sur la repentance

Il importe de bien comprendre ce qu’est la repentance puisque c’est au pécheur contrit que Dieu accorde son pardon. Nous avons tous péché et encouru la condamnation qui est la conséquence de la violation de la loi divine. Sans repentir, point de salut. La parole de Jésus-Christ « Si vous ne vous repentez pas vous périrez tous également », s’applique à toute créature humaine, indistinctement…

Chaque fois que nous lisons la parabole du fils « prodigue », revenant le coeur brisé vers son père qui l’accueille avec amour, nous sentons que ce fils a pris le parti le plus sage, et nous éprouvons une satisfaction à le voir pleurer sur ses fautes et s’abandonner pour toute forme d’obéissance qu’il plaira à son père de lui imposer.

Vous savez sans-doute qu’il y a plusieurs sortes de repentances : – Celle qui ressemble aux vapeurs et à la rosée du matin; vite dissipée, elle laisse peu ou point de traces. Trop souvent, c’est celle-là que manifestaient les anciens israélites, qui avouaient leurs fautes, s’en affligeaient, promettaient de s’amender, mais bientôt on les retrouvait aussi mauvais et parfois pires qu’auparavant… – Il y a la repentance du désespoir, qui fut celle de Judas… Au lieu de se jeter aux pieds du Sauveur, il se précipita aveuglément dans l’abîme d’où l’on ne revient pas. – Puis il y a la repentance suprême dont on n’a jamais envie de se repentir; ce fut celle du larron crucifié. Il n’avait pas reçu d’instruction religieuse, ni entendu de sermon… Le Maître reconnut la sincérité de son coeur : elle lui ouvrit l’accès du ciel.

Peut-être certains d’entre nous aujourd’hui ne se sont jamais repentis de leurs fautes, n’en ont jamais compris la gravité ni éprouvé de remord et, n’y ayant jamais renoncé, ils n’ont point connu le pardon. Quelle tristesse !

Y a t-il un infidèle, un rétrograde qui ne veut pas se repentir ? Ah ! Sa condition est pire encore ! L’Apocalypse contient un passage qui m’impressionne profondément lorsque je le lis : « Je lui ai donné du temps pour se repentir, mais elle ne veut pas »… Mais Dieu merci, il y en a dont le repentir a enrichi la vie de grandes bénédictions. A ceux-là je voudrais poser une question : « Êtes-vous restés fidèles à la repentance que vous avez professée ? »… Vous rappelez-vous vos promesses et vos serments d’alors ? Vous avez déclaré haïr le mensonge et l’erreur du passé et y renoncer pour toujours. Avez-vous été fidèle à cette déclaration ? Vous avez confessé les impuretés, les convoitises, les coupables habitudes du passé…, la honte et le remord de votre impiété, votre négligence de la Parole de Dieu, et promis de vivre une vie nouvelle… Avez-vous rempli vos engagements ?… Il faut les renouveler et y rester fidèle, sinon Dieu se retirera certainement de vous.


 
 

Il est une autre repentance de laquelle j’aimerais dire un mot. Je raconte parfois l’histoire d’une petite fille qui portait l’uniforme salutiste. Un soir, elle vint se prosterner au banc des pénitents, secouée d’amers sanglots. La sergente agenouillée près d’elle lui dit : « Mon enfant, qu’est-ce qui vous tourmente ? Avez-vous cédé à la tentation de dire un mensonge ?

– Oh, non, sergente !

– Vous êtes-vous mise en colère ou avez-vous dit des mots grossiers ?

– Non, répéta l’enfant.

– Alors pourquoi êtes-vous venue ici, chère petite ?

– Oh ! Avoua t-elle dans un flot de larmes, je suis venue pour ma mère. Elle ne veut pas s’avancer elle-même, alors il faut bien que je le fasse à sa place. »

La sergente consola la fillette qui eut, dès ce moment, la certitude du salut de sa mère, et courant sur ses genoux, lui entoura le cou de ses bras et s’écria : « Maman ! Maman ! Je suis allée au banc des pénitents pour toi; maintenant il faut que tu ailles toi-même; je suis sûre que Jésus veut te sauver ! » La mère y alla en effet et y trouva ce salut qui attend tous ceux qui le cherchent avec sincérité.

Pratiquez-vous ce genre de repentance ? Parfois vous condamnez ou reprenez les pécheurs, mais pleurez-vous avec eux ?… Vous repentez-vous jamais pour eux ? Peut-être avez-vous un mari, une femme, un fils, une fille, quelqu’un enfin sous votre toit, qui foule aux pieds le sang de Jésus-Christ. Et s’il n’y a personne d’aussi infortuné parmi vous, il y en a que trop dehors…

La culpabilité de ces malheureux et le danger qu’ils courent, vous causent-ils quelque anxiété, quelque chagrin ?

(Source de cet article : Wiliam Booth dans Témoignages, aux Editions Des Groupes Missionnaires)


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