Perdre tout, mais posséder une Bible !

Perdre tout, mais posséder une Bible !
« Je connais des gens qui parcourent des milliers de kilomètres simplement pour posséder une seule Bible », déclare un courrier…

 
 

Il est un fait : la rareté des Bibles dans les pays communistes est réellement effrayante, et la faim de la Parole de Dieu atteint des proportions sans pareilles. Voici quelques témoignages recueillis chez nos frères et soeurs qui furent persécutés sous le communisme, au cours des dernières décennies, et qui ont été secourus par la Mission Chrétienne des pays de L’Est. N’oublions pas que des milliers encore aujourd’hui ont tout perdu à cause de leur foi, dans tous les pays communistes, mais aussi en Inde, en Amérique du Sud, ou sous le joug de l’islam, et que beaucoup sont exécutés, quelquefois simplement parce qu’ils possèdent une Bible.

 
 
 

Affamés de la Parole de Dieu

Un courrier rendit visite à une communauté composée d’environ 300 membres. Lorsque le pasteur apprit que son hôte avait des Bibles en roumain, il se mit à pleurer de joie et ne put articuler qu’à grand peine ces mots : « Voilà quinze ans que je prie pour des Bibles, et aujourd’hui Dieu répond à ma demande. » Et pourtant ce n’est qu’un cas parmi tant d’autres; sans cesse, les courriers rencontrent des croyants qui n’ont jamais vu de Bible de leur vie. Voici un autre fait émouvant :

Lorsqu’enfin il eut atteint l’endroit cherché en URSS et trouvé la communauté, le courrier sentit soudain quelqu’un qui s’agrippait à lui fortement. Il se retourna et vit un vieillard qui lui demanda d’une vois tremblante : « N’auriez-vous pas une Bible pour moi ? Je n’en possède pas et j’aimerais tant la lire ! Certains frères en ont obtenu une je ne sais d’où, mais moi je n’en possède toujours pas. Croyez-moi, il me faut une Bible ! » Il avait les yeux pleins de larmes.

Un peu plus tard, le courrier put laisser une Bible à l’intention de ce frère, chez le pasteur de la communauté. Quelques temps après, lors d’une autre visite, il rencontra cet homme et en profita pour lui demander s’il avait reçu la Bible. Mais avant qu’il n’ait pu répondre, sa fille prit la parole pour décrire la joie de son père : « Il n’a pas dormi durant deux nuits. Il se réveillait et se levait. Alors je l’entendais pleurer et prier, remerciant Dieu pour cette Bible. Vous ne pouvez pas vous représenter la valeur de ce cadeau pour lui et pour nous ! »


La dernière Bible, à qui la donnerai-je ?

-« Je prie constamment pour remettre chaque Bible en de bonnes mains. Mais je prie tout particulièrement pour la dernière Bible qui me reste. Je voudrais qu’elle parvienne à quelqu’un qui en a spécialement besoin, et qui en fera profiter d’autres. » Telles étaient les pensées d’un de nos courriers, appelé Jean.

Au cours de ses voyages en Russie, Jean avait appris par expérience à garder la dernière Bible pour des cas particuliers. Ces dernières fois, cela lui était arrivé assez souvent : il avait distribué toutes les Bibles, et c’est à ce moment là qu’il rencontrait quelqu’un qui avait un besoin urgent de la Parole de Dieu.

« Se trouver dans l’impossibilité de satisfaire une demande de la sorte, et être obligé de renvoyer un frère les mains vides, cela me brisait le coeur. C’est pourquoi depuis quelques temps, j’avais décidé de garder une Bible pour pouvoir, même à le dernière minute, répondre au voeu particulier de quelqu’un. Et je priai avec une ardeur spéciale pour cette Bible, demandant que Dieu me conduise auprès de la personne à qui ce dernier livre était destiné. »

Cette résolution se révéla bonne et valut à Jean de nombreuses expériences dont en voici une qui vaut particulièrement la peine d’être rappelée :

« J’avais déjà réglé ma note d’hôtel, et je me trouvais dans la rue auprès de ma voiture pour les derniers préparatifs du départ. Pendant que je rangeais mes bagages dans la voiture, beaucoup de jeunes m’entouraient, en particulier aussi des frères et soeurs. Comme je me baissais, ouvrant une dernière fois ma valise pour une raison quelconque, je me suis senti poussé à appeler près de moi un homme à l’aspect misérable. Je sentais que je devais lui parler avant mon départ.

Je supposais que l’homme pouvait avoir entre 50 et 55 ans, son complet était râpé, sa chemise usée et délavée, et le sac qu’il portait était démodé et semblait appartenir à une femme. Pendant qu’il regardait à terre, quelque peu embarrassé, il commença à me parler lentement et à mi-voix. Tout à coup il leva les yeux et s’écria : « Loué soit Dieu, mon frère ! Lorsque je suis arrivé, j’ai entendu dire qu’un frère de l’Ouest était là, et je suis venu immédiatement vous voir. Je suis arrivé juste à temps ! 

A temps ? Mais pourquoi faire ? Me demandai-je avec étonnement. Il ne me fallut pas longtemps pour recevoir une réponse à ma question muette. L’homme hésita un instant : « Je ne sais pas ! Je voulais juste vous demander s’il ne vous restait pas une Bible. Je n’en ai pas, et j’en aurais tellement besoin ! »

Il me parlait tout bas tandis que je redisposais mes affaires dans la valise. Mon coeur bondissait de joie. Est-ce cette personne que Dieu envoyait en réponse à ma prière ?

« -D’où venez-vous ?

-Je viens d’un village à une centaine de kilomètres d’ici. Je suis pasteur.

-Combien y a-t-il de personnes dans votre communauté ?

-Plus de cent. Nous nous réunissons pour le culte, mais nous ne sommes pas enregistrés. J’ai déjà été en prison à cause de mon ministère, et il y a quelques jours, j’ai été convoqué au commissariat parce que plus de 30 jeunes s’étaient convertis durant le culte ».

La Bible était là, toute prête, et je continuais à redisposer les affaires dans ma valise, caché par l’abattant du coffre de la voiture.

« Frère, posez vite votre sac à côté de ma valise. Mais attention, quelqu’un derrière nous semble nous observer.

-Je sais, je sais » dit le pasteur. Rapidement et discrètement, il plaça son sac à côté de ma valise. L’opération fut vite faite. Je reposai ma valise par terre dans la rue et l’homme avait repris son sac : il se tenait là, les joues baignées de larmes. Je ne dis rien.

« Merci, merci ! » furent ses seules paroles. Manifestement, il avait plein de choses à dire. Mais son silence et ses larmes exprimaient bien plus que toute parole. Moi-même, j’avais une forte envie de pleurer.

« Frère, c’est le Seigneur qui vous a envoyé car à la minute près,  je pensais déjà donner cette Bible à quelqu’un d’autre… » dis-je.

« -Oui, je sais que c’est le Seigneur » répondit-il, « Je n’avais aucune raison de venir à une heure pareille dans cette ville. » Puis, d’une main tremblante, il m’inscrivit son adresse sur un bout de papier. Il ajouta encore : « Que Dieu vous bénisse ! » et repartit d’un pas rapide.

Je le suivis discrètement des yeux pendant qu’il descendait la chaussée. Et lorsqu’il fut à une certaine distance, je pus conclure, d’après ses gestes, qu’il était en train de sortir la Bible de son sac pour la cacher sous sa chemise. J’étais très heureux que le Seigneur m’ait envoyé justement cet homme-là.

Les pasteurs de ces villages reculés d’U.R.S.S. viennent très rarement dans les grandes villes. Les touristes, eux, sont seulement autorisés à visiter les villes. La seule façon d’accéder à une Bible pour des villageois, c’est de venir en ville et de rencontrer un frère venant de l’Ouest. Et Dieu m’a envoyé tout droit ce pauvre frère, quel miracle ! »


Une Bible pour une gitane

« Je vous en supplie, permettez-moi d’emporter une Bible en langue roumaine ! » dit une gitane lorsqu’elle vit passer Jean, notre courrier, avec une dizaine de Bibles. « Cela fait longtemps que j’aimerais en posséder une ! » poursuivit-elle, « je voyage beaucoup et je parle aux gens de Jésus-Christ, mais j’ai les mains vides. Avec une Bible en roumain, je pourrais rendre mes paroles plus compréhensibles. »

Jean aurait voulu la satisfaire, mais dut se résigner à la décevoir : « Je regrette infiniment, mais toutes celles que vous voyez là sont dans la langue nationale. »

Mais elle ne se laissa pas désarmer : « Je n’arrive pas à le croire, vous devez comprendre ce que représente cette Bible pour moi et pour tous ceux qui se rassemblent autour de moi. N’en avez-vous pas une seule en roumain ?

-Pas une seule, je suis désolé » reprit Jean avec encore plus de force. Mais la gitane ne s’avouait pas vaincue. Elle examina minutieusement tous les livres qui se trouvaient à portée de main. Et soudain elle tira une Bible du tas et s’écria toute excitée : « Mais en voilà une, Bible roumaine !

-C’est absolument impossible ! » répondit Jean calmement, essayant de la raisonner. Mais quelques secondes après il dut s’interrompre : « Comment est-ce possible ? C’est incroyable et pourtant… C’est effectivement une Bible roumaine ! »

Un rapide coup d’oeil lui confirma que toutes les autres Bibles étaient dans la langue du pays. Cette Bible roumaine était une exception dans le lot. Il secoua la tête et dit : « Je ne comprends vraiment pas; je ne puis le croire; nous emballons toujours tout si soigneusement, et n’emportons que ce dont nous avons véritablement besoin. La présence de cette Bible dans ce paquet est inexplicable, c’est par la main de l’Éternel qu’elle se trouve là ! »

« –C’est sûrement Lui ! » continua la gitane débordante de joie, « Le Seigneur savait que je serais là, et Il savait aussi quel urgent besoin j’avais d’une Bible roumaine. Merci ! Merci ! » s’exclamait-elle en brandissant sa précieuse trouvaille.

Tous ceux qui étaient présents louèrent Dieu tandis que la gitane cachait sa Bible sous l’une de ses nombreuses jupes. Elle nous quitta en louant et glorifiant le Seigneur, et s’en retourna auprès de son peuple.

Oui, une Bible roumaine fut effectivement remise par Dieu Lui-même à une bohémienne, et cela grâce à une erreur humaine. Lui seul sait combien de frères et de soeurs sont bénis par cette Bible…


Sept cartons de pain

« Que faites-vous là ? »

La Police ! C’était bien les gens que nous avions le moins envie de voir à ce moment précis ! Et cette question là, nous avions toujours espéré qu’on ne nous la poserait jamais dans un pays communiste.

Mais nous étions là, pris pour ainsi dire « en flagrant délit », avec une voiture pleine de Bibles bien emballées, mais pas spécialement cachées. Ce que nous faisions ici ? La question demandait une réponse rapide et aussi anodine que possible.

« Du camping, pour voir le pays ! » Et c’était exactement ce que nous faisions. Pourtant, le policier ne parut pas satisfait : « A cette époque de l’année ! » demanda -t-il sarcastique, nous regardant d’un air soupçonneux.

« Et pourquoi pas ? » persistions-nous. Mais notre question resta sans réponse tandis qu’une foule d’autres questions déferlaient sur nous. Chacune nous rapprochait davantage de celle que nous craignions le plus : « Qu’avez-vous dans votre voiture ? Des effets personnels ? »

« Oui », fut la réponse en un hochement de tête, avec le fol espoir qu’il se montrerait satisfait de cette réponse et qu’il en finirait avec cet interrogatoire.

« Encore autre chose ? » demanda-t-il.

« Oui, sept cartons de pain ! » fut notre réponse. Et c’est la vérité !! Du pain pour les croyants communistes, c’est la Parole  de Dieu, le Pain de Vie !

« Sept cartons de pain ! Dites -donc, vous projetez un long séjour dans le pays ! » Dit-il sur un ton dont nous ne savions que penser.

Il se pencha alors pour inspecter l’arrière de la voiture. Maintenant nous en étions sûrs : nous étions faits ! Nous connaissions déjà la question suivante : « A vendre ? »

« Non ! » Ce n’était pas un mensonge. Avec une lampe de poche, l’un des policiers examina la pile de cartons. Intérieurement nous nous préparions à d’autres questions qui semblaient inévitables, car le policier paraissait plus que jamais à aller au fond des choses

Pourtant, elles ne vinrent pas. D’un geste de la main, il nous fit signe de partir.

Notre première réaction fut : « c’est un miracle ! Un miracle ! » Pourtant des doutes nous reprenaient déjà. « Et s’ils s’étaient quand même aperçus de la vraie nature de notre pain ? Et s’ils avaient l’intention de nous garder à l’œil pas à pas, pour nous suivre jusque chez nos personnes de contact ? » Cette possibilité n’était nullement à rejeter, d’autres en avaient fait l’expérience. « Et si… »

Nous ne voulions pas courir de risques. C’est pourquoi, lorsque nous sommes descendus à l’hôtel, l’un de nous resta dans la voiture jusqu’au lendemain, au cas où… Pourtant, il ne se passa rien. Nos soucis avaient été inutiles. Dieu avait réellement accompli un miracle. Il nous avait protégés, mais Il avait aussi protégé notre « pain » que nous voulions apporter à nos frères.

Le lendemain nous avons continué notre route jusqu’au domicile d’un frère croyant. La marchandise que nous transportions nous paraissait encore plus précieuse. Nous étions profondément reconnaissants d’avoir la grâce d’apporter le Pain de Vie à nos frères qui en avaient tant besoin. Je pensais à tous ces chrétiens qui allaient entrer en possession d’une Bible longuement attendue pour être à leur tour une source de bénédiction… Quelle joie de contribuer à cela, de le rendre possible !

Sur la route du retour, nous avons remercié le Seigneur d’avoir une nouvelle fois pu accomplir un tel travail à sa gloire. Et une fois arrivés chez nous, où il est facile de trouver des Bibles, j’ai éprouvé un profond désir et pris la résolution d’étudier encore davantage la Parole de Dieu. Je me rappelais ces paroles du prophète Jérémie :

« J’ai recueilli tes paroles, et je les ai dévorées; tes paroles ont fait la joie et l’allégresse de mon cœur; car ton Nom est invoqué sur moi, Eternel… » (15:16)


L’Évangile dans les prisons russes : témoignage d'un frère russe

A la fin du 19ème siècle, les prisons russes étaient témoins de faits extraordinaires : on annonçait ouvertement l’Évangile dans les cellules et les cours. C’est par la grâce et un amour tout spécial de Dieu pour notre peuple que notre frère anglais, le docteur Bedecker, se mit au service du Seigneur et sacrifia dix huit années de sa vie. Ce n’est que pour lui seul que les portes des prisons s’ouvraient. Il allait de Saint- Petersbourg à Moscou, du Caucase à l’Oural et jusqu’en Sibérie et en Extrême-Orient. Il put même visiter plusieurs fois les mêmes prisons. A cette époque, les lignes de chemin de fer s’arrêtaient à l’Oural et il était donc extrêmement difficile de parcourir cette région désolée qu’est la Sibérie. Partout retentissait le message vivant de la Parole de Dieu et des milliers d’exemplaires de l’Ecriture Sainte furent distribués aux prisonniers russes. Depuis cette époque beaucoup de décennies ont passé…

« Alors que je lis justement les lettres du Dr. Bedecker, je me souviens d’une des périodes les plus difficiles de ma vie. Il y a plusieurs années, je dus renoncer à ma liberté à cause de ma foi. On me priva aussi de ma Bible. Quelques jours après mon incarcération, je demandai au gardien de me la rendre. Mais il répliqua qu’il ne convenait pas que des prisonniers aient le droit de posséder une Bible. Là-dessus je refusai toute nourriture et passai plusieurs journées en fervente prière. Un jour la porte de ma cellule s’ouvrit et un surveillant d’un certain âge entra en souriant. Il tenait ma Bible en main et me demanda : « Est-ce bien votre livre ? »

Rempli de joie et les larmes aux yeux, je lui répondis par l’affirmative. Alors il me la tendit et me dit : « Lisez à votre aise ! » Je le remerciai vivement. Pouvez-vous comprendre la joie et la reconnaissance que j’éprouvais à ce moment-là envers mon Sauveur ? Je tombai à genoux et remerciai le Tout Puissant de tout mon cœur. Maintenant que je possédais de nouveau la Parole de Dieu, j’en recopiais des passages sur des feuilles volantes, que je faisais parvenir avec l’aide d’autres prisonniers à mes frères et soeurs dépouillés eux aussi de leur Bible et enfermés dans d’autres cellules…

Je pus encore garder ma Bible pendant quelques mois. C’était un miracle pour l’époque ! Je relisais ces pages, et à chaque fois les vérités immortelles résonnaient de façon nouvelle entre les vieux murs de la prison. Jamais je n’avais accueilli avec autant de soif la parole rafraîchissante de Dieu. Il est vrai qu’il n’existe pas de livre plus précieux et plus merveilleux que la Bible : cela, on le ressent tout particulièrement quand on est emprisonné…

J’étais entouré de murs de pierre muettes et d’une porte massive de fer solidement verrouillée. Un jour bien pâle filtrait par la lucarne couverte d’une couche de peinture et garnie pour plus de sécurité d’une grille; par le judas de la porte, l’oeil vigilent du gardien me surveillait sans relâche. Mais la Bible élargissait mon horizon, les murs de la prison reculaient et je m’évadais dans les merveilleuses révélations de Dieu. La Parole divine me révélait le passé, le présent et l’avenir du monde, de toute l’humanité, et ma situation personnelle. Je sentais que je n’étais pas perdu et que Dieu ne m’avait pas oublié entre les murs de mon cachot… Moi, dont toute la culpabilité était de croire au Seigneur Jésus-Christ… Je relisais les paroles immortelles de Jésus-Christ :

« Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ! » (Matt. 10:12)

L’amour de Dieu remplissait mon cœur et toute ma cellule… Une reconnaissance profonde remplissait mon coeur et j’avais de plus en plus foi en la victoire de l’Evangile…

Recevoir une Bible en prison est devenu dans notre pays chose assez rare depuis 40 à 50 ans… Voici ce qui arriva dans un camp après la guerre : un groupe d’une vingtaine de frères ne possédait en tout et pour tout qu’un seul Évangile qu’ils utilisèrent pendant assez longtemps, à tour de rôle, et avec beaucoup de précautions. Lors d’une perquisition entreprise par la direction du camp, cet Evangile fut confisqué. Toutes les demandes de restitution essuyèrent le même refus. Chacun des frères nota alors tous les versets qu’il connaissait par cœur sur des feuilles volantes. Une lecture en commun et quelques compléments leur permirent de reconstituer presque intégralement le texte !

Après avoir comparu devant le tribunal, je fus déporté dans un des camps situés le plus loin dans le Grand Nord. J’avais emporté ma Bible, mais on me l’enleva une fois arrivé au camp. Cependant la Parole de Dieu n’est pas liée. Les paroles gravées par le Saint-Esprit au fond du coeur ne peuvent plus être effacées. C’est ainsi qu’elles nourrissaient mon esprit, fortifiaient ma foi et me redonnaient espoir dans les jours sombres.

Dans les prisons de transit et les camps, j’étais entouré de centaines de prisonniers qui n’avaient pas la moindre notion de ce qu’était une Bible. Beaucoup furent étonnés d’apprendre que les chrétiens possèdent tous la même Bible, c’est à dire un livre dont le contenu est toujours le même, traduit en presque toutes les langues et également imprimé en russe, un livre qui n’a rien à voir avec de « la magie noire », mais qui parle de l’amour de Dieu, proclamant le message du salut. Cela fit réfléchir beaucoup de détenus qui demandèrent où et comment ils pouvaient se procurer une Bible après leur libération. J’éprouvais de plus en plus de compassion pour le peuple russe à qui l’on défend, même dans les circonstances éprouvantes d’une détention, de posséder le Livre du Salut et de la consolation.

Il parait qu’en Occident, on peut facilement se procurer des Bibles !… Pourtant, dans les prisons russes, l’apparition d’une Bible ou d’un Évangile est un fait extraordinaire. Y aura-t-il un jour d’autres Bedecker pour éclairer les prisons russes ?… Le docteur Bedecker les visitait, seul ou accompagné d’un interprète. Il y a de cela 70 ou 80 ans ! Depuis cette époque, des milliers de frères et sœurs ont défilé dans ces mêmes prisons, ou d’autres plus récentes, avec l’Evangile gravé au fond de leur cœur. Leur amour pour Dieu et pour les hommes éclairait les cachots ténébreux. Ils y jetaient la semence de la vie éternelle. Ce fut le plan de Dieu pour augmenter la foi du peuple russe !

Nos prières et nos larmes seront inscrites dans le livre de Vie et Dieu, lorsque nous serons avec Lui dans l’éternité, nous montrera les fruits de notre carrière terrestre. « Ceux qui sèment avec larmes moissonneront avec chants d’allégresse » (Psaume 126:5)

La parole écrite au fond du cœur des chrétiens est encore fertile aujourd’hui dans les camps et les prisons de notre pays – de la Moldavie jusqu’en Extrême Orient, du Nord au Sud ! Car personne ne peut lier la Parole de l’éternel !

 
 
 
 

La grande mission des chrétiens dans ce monde

Dans les pays pauvres du Tiers Monde des millions de chrétiens sont privés de la Parole de Dieu, car trop pauvres pour se procurer un tel trésor. Ailleurs, beaucoup ne la possèdent pas car elle est interdite. La Bible demeure le Livre le plus désiré, et souvent aussi le plus combattu : en Inde tout récemment, dans l’Orissa, ce sont des dizaines de milliers de Bibles qui ont été brûlées. Participer à la diffusion de la parole de Dieu dans le monde est une oeuvre qui est source de bénédictions incalculables pour ceux qui vivent dans les ténèbres de leurs croyances, loin du Dieu véritable.

Transmettre la Parole de Dieu « telle qu’elle nous a été donnée » (1 Cor. 15:1-2), « enseigner à observer tout ce que le Seigneur a prescrit à ses disciples » (Matt. 28:20), tel est notre devoir, et la tâche que le Seigneur nous a confiée ici-bas. Nous n’avons pas le droit d’actualiser ou d’arranger cette Parole divine à notre goût, selon nos pensées, en la diffusant sous forme de spectacles, de fables ou de représentation quelconque, pour la rendre plus attrayante. Elle est éternelle, et donc valable en notre temps comme tout au long des siècles passés. Elle n’a rien perdu de sa Puissance ni de sa Vérité.

 
 
 

« Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la Parole de Dieu. »  (Et non de ce que l’on voit !) Car « Nous marchons par la foi et non par la vue » (Rom. 10:17 et 2 Cor. 5:7)

 

Au dernier jour, ceux qui auront entendu cette Parole et qui ne l’auront pas gardée ou qui l’auront  rejetée, seront jugés par Elle, a dit Jésus. (Jean 12:48)

 

« Vous êtes sauvés par l’évangile, si vous le retenez dans les termes où je vous l’ai annoncé. » (1 Cor. 15:1-2)

 

« Je l’atteste à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre : si quelqu’un y ajoute, Dieu ajoutera à son sort les plaies décrites dans ce livre; et si quelqu’un retranche des paroles du livre, Dieu retranchera sa part du livre de vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre » (Apoc. 22:18-19)

 

« Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ! » (Jean 20:29)


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