Sept hommes s’en vont au ciel en chantant

Sept hommes s’en vont au ciel en chantant Partager Commenter
Témoignage : « Sept hommes s’en vont au ciel en chantant ».

 
 
Une des expériences les plus étranges de ma vie est en rapport avec la guerre, nous raconte un éminent ingénieur :

« J’offris mes services au gouvernement et fus reçu comme officier dans l’armée de terre. L’époque était terrible. Nous assiégions la ville. Elle avait été prise par les armées ennemies, et nous l’avions reprise. Un certain nombre de prisonniers étaient sous ma garde. Sept d’entre eux devaient être fusillés au matin du lundi.

Le dimanche qui précéda est à jamais gravé dans ma mémoire. Les sept condamnés étaient gardés dans les sous-sols de la Mairie. dans la galerie mes hommes se tenaient attentifs, le fusil en bandoulière.

L’atmosphère était pleine de haine. Mes soldats étaient gonflés de leur victoire et insultaient leurs prisonniers qui, de leur côté, juraient autant qu’ils le pouvaient et frappaient les murs de leurs poings en sang. D’autres appelaient leur femme ou leurs enfants qui étaient loin; au point du jour ils devaient tous mourir.

Nous avions la victoire, cela était bien vrai; mais la valeur de cet exploit semblait diminuer à mesure que a nuit s’écoulait. Je me demande s’il restait un seul juron que l’un ou l’autre côté n’ait proféré.

 

 

C’est alors que quelque chose se passa. Un des condamnés commença à chanter. « Il est fou » fut la première pensée de chacun. Mais j’avais remarqué cet homme : il n’avait pas juré ni insulté comme les autres. Il était calmement assis sur son banc, l’image du complet désespoir. Personne ne lui avait rien dit. Chacun portait son propre fardeau à sa façon, et Koskinen se mit à chanter, d’abord imperceptiblement, au début; puis sa voix devint plus forte, naturelle et libre. Tous les prisonniers se retournèrent et regardèrent le chanteur qui semblait être maintenant dans son élément :

« Contre les affres de la mort, je trouverai refuge, auprès du Sauveur doux et fort, qui m’a sauvé du juge, en sa blessure j’ai la paix; là s’anéantit mon forfait, Satan ne peut m’atteindre.

Il n’est de maux ni de besoins, point de douleur poignante qui ne guérisse par les soins de cette plaie ardente; Le sang de Christ voilà mon or, Il est mon pain et mon trésor, je ne suis plus à craindre.

Seigneur, me voici consolé, heureux, l’âme tranquille, ta plaie auguste m’a lavé de ma nature vile. Mon âme, vole vers ton Dieu, car Il t’attend dans le Saint lieu, où rien n’est plus à craindre. »

Encore et toujours à nouveau, Koskinen chanta ce couplet, et quand il eut fini chacun fut tranquille pour quelques instants. Jusqu’à ce qu’une sorte de forcené s’écrie : « D’où as-tu appris cela imbécile ? Essayes-tu de nous rendre religieux ? »

 

 

Koskinen regarda ses camarades et ses yeux se remplirent de larmes. Il répliqua alors calmement : « Amis, voulez-vous m’écouter pour un instant ? Vous m’avez demandé où j’avais pris ce chant : c’est de l’Armée du Salut. Je l’ai entendu ici il y a trois semaines. Je me suis d’abord moqué moi aussi de ce cantique, mais il s’est incrusté en moi. Il est lâche de cacher sa foi : le Dieu en qui ma mère croyait est devenu mon Dieu aussi. Je ne puis vous dire exactement comment cela est arrivé, mais e sais que quelque chose s’est passé en moi.

J’étais réveillé la nuit dernière, et j’ai senti soudain qu’il me fallait absolument trouver le Sauveur et me cacher en Lui. Puis j’ai prié, comme le brigand sur la croix, que Christ veuille me pardonner, laver mon âme pécheresse et me rendre prêt à me tenir devant Celui que je dois bientôt rencontrer. Ce fut une nuit étrange. Il y avait des moments où tout semblait briller autour de moi. Des passages de la Bible et du livre de Cantiques me revenaient à la mémoire. Ils m’apportèrent un message du Sauveur crucifié, du sang qui purifie de tout péché, et de la maison céleste qu’Il nous prépare. Je l’ai remercié, j’ai accepté le don gratuit qu’Il m’offrait, et depuis ce moment-là ce chant n’a fait que résonner dans mon coeur. C’était la réponse de Dieu à ma prière. Je n’ai pu garder cela plus longtemps pour moi seul ! Dans quelques heures, je serai avec mon Seigneur, sauvé par sa grâce. »

 

 

La figure du prisonnier brillait comme par une lumière intérieure. Ses camarades s’étaient assis pour l’écouter calmement. Lui-même se tenait là debout, transfiguré. Et mes soldats écoutaient ce que ce révolutionnaire avait à dire.

« Tu as raison Koskinen, finit par dire un de ses camarades. Si j’avais seulement la certitude qu’il y ait aussi pour moi un pardon ! Mais ces mains ont répandu le sang, j’ai insulté Dieu et piétiné tout ce qui était saint. Je réalise maintenant qu’il y a un enfer, et que ‘est là le lieu qui m’est destiné. »

Il se laissa tomber sur le sol, le désespoir peint sur son visage. « Prie pour moi, Koskinen, gémit-il, je mourrai demain et mon âme sera dans les mains du diable ». Et là dans ce cahot, les deux soldats s’agenouillèrent. Ce ne fut pas bien long, mais le ciel s’ouvrit pour tous deux. En écoutant cela nous avons oublié notre haine. Elle s’est fondue à la lumière du ciel, parce que là, deux hommes qui devaient bientôt mourir, cherchaient à être réconciliés avec Dieu. Une porte conduisant dans l’invisible était entrebâillée, et nous étions tous en extase devant cette vision.

Laissez-moi vous dire brièvement qu’au moment où quatre heures sonnèrent, tous les camarades de Koskinen avaient suivi son exemple et commencèrent à prier. L’atmosphère avait changé de façon incroyable. Quelques-uns étaient assis sur le sol, d’autres parlaient de choses spirituelles.

 

 

La nuit aussi s’était écoulée et le jour commençait à poindre. Aucun n’avait pris un moment pour dormir. « Chante une fois de plus le cantique pour nous, Koskinen », dit l’un d’eux. Oh, vous auriez dû les entendre chanter ! Et non seulement ce chant là, mais d’autres cantiques et coeurs oubliés depuis longtemps surgirent à leur mémoire, comme des bougeons à la lumière du soleil. Les soldats de garde unirent aussi leurs voix aux leurs.

L’horloge de la ville sonna six heures. Combien j’aurais désiré pouvoir intercéder pour qu’il soit fait grâce à ces hommes, mais je savais que c’était impossible.

Entre deux rangs de soldats, ils s’avancèrent pour être exécutés. L’un d’eux demanda qu’il lui soit permis une fois de plus de chanter l’hymne de Koskinen. La permission lui en fut donnée. Ils demandèrent ensuite de mourir le visage découvert, et avec les mains élevées vers le ciel, ils chantèrent de toutes leurs forces :

« Mon âme, vole vers ton Dieu, car Il t’attend dans le saint lieu, où rien n’est plus à craindre… »

Lorsque le dernier mot fut articulé, le lieutenant commanda : Feu ! Les sept soldats avaient combattu leur dernier combat. Nous avons incliné nos têtes dans une prière silencieuse.

Je ne sais ce qui s’est passé dans le coeur des autres, mais pour ce qui me concerne, je fus un homme nouveau à partir de ce moment là. J’avais rencontré Christ dans l’un de ses disciples les plus humbles et les plus jeunes, et j’avais suffisamment vu pour réaliser que moi aussi je pouvais être à Lui.

 

 

« Le Seigneur regarde du haut des cieux, Il contemple tous les fils des hommes » (Psaumes 33:13)

 

Jésus dit : « Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi vivra quand même il serait mort » (Jean 11:25)
L’équipe Connaître la Vérité

(Source : "La voix dans le désert" n°275)


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